Curation
J’aime à me dire que je ne me définis pas par mon travail ; même si chacune de mes expériences professionnelles est profondément marquée par une dimension plus intime : des luttes directement liées à mes identités multiples, des biais assumés, des manières d’habiter le monde qui débordent largement la fiche de poste.
Issu·e de la diaspora sud-est asiatique, j’ai grandi en France, en banlieue de Clermont-Ferrand. J’ai appris tôt à naviguer entre plusieurs mondes qui ne se parlaient pas toujours entre eux : celui de la maison et celui de l’école, celui des marges et celui des institutions que j’ai fini par apprendre à traverser sans jamais tout à fait m’y fondre.
C’est de cet entre-deux que je tire ce qui, je crois, fait la singularité de mon travail : une attention portée à ce qui ne trouve pas encore sa place : les esthétiques, les récits, les corps qu’on programme rarement en premier. Programmer pour moi, c’est une manière de rendre visible, d’ouvrir un espace, de refuser que ce soit toujours les mêmes dominant.es qui continue à trier qui a le droit d’être entendu·e et qui non.